Autres facteurs

3.3.Autres facteurs de risque.

 

3.3.1.Le tabac

De nombreuses études ont rapporté une association entre fumer et l'augmentation du risque de cataracte. Fumer plus 20 cigarettes ou plus par jour augmente 2 fois les risques. Parmi les études qui évaluent le type de cataracte, fumer a été lié étroitement à une opacification nucléaire [4].

Le cas des anciens fumeurs prête à discussion : certaines études rapportent un risque plus élevé, d'autres un risque égal à celui des non fumeurs.

Différents mécanismes peuvent expliquer ce phénomène :

-Les fumeurs ont des taux plasmatiques de vitamine C, de vitamine E et de bèta-carotène, ce qui les rend plus sensibles aux attaques oxydatives. Certaines études ne rapportent cependant pas de diminution de vitamine C chez les fumeurs.

-La fumée des cigarettes contient des cyanures.Ceux-ci sont partiellement convertis en thiocyanates qui peuvent réagir avec des protéines. Leur structure tertiaire est modifiée, ce qui expose les groupes thiols.Les protéines vont alors s'aggréger.

-Le tabac contient des quantités relativement importantes de cadmium (~1µg/g). On a démontré en Hongrie que le taux de Cd est plus élevé dans le cristallin avec cataracte que dans celui sans cataracte. On a montré que le cristallin des fumeurs contennait plus de Cd que celui des non fumeurs. Les fumeurs avec et sans cataracte ont des concentration plus élevées de Cd dans le sang, dans le lait et dans les tissus. Le Cd se lie à des métallométhionines du foie, des reins et du cristallin, il a donc tendance à s'accumuler. Il diminue l'ATP diponible, interagit avec des protéines, entre en compétition avec le Zn, le Se et le Cu.
En diminuant la biodisponibilité de ces trois oligoélément, il diminue la concentration de plusieurs enzymes nécessaires au maintient de l'intégrité de la cellule: la céruloplasmine, la superoxyde dismutase et la glutathion peroxydase.
La cellule n'est donc plus protégée des attaques oxydatives. Si le cadmium joue un rôle majeur dans l'apparition de la cataracte due au tabac, les travailleurs exposés à de hautes concentrations en Cd dans les industries de cadmiage, et ceux qui consomment des aliments riches en Cd - par exemple le riz originaire de certaines régions japonnaises - pourraient avoir une augmentation des risques de cataracte.
[42,43,44,45]

3.3.2.L'alcool.

L'alcool n'est ni un nutriment indispensable, ni un nutriment utile. Après son absorption, l'éthanol est principalement oxydé par la voie de l'alcool déshydrogénase qui produit de l'acétaldéhyde, très toxique pour l'organisme, rapidement transformé en acétate.

Plusieurs études ont trouvé une association entre la consommation régulière d'alcool et la cataracte. Le risque serait plus grand chez les grands buveurs et chez les abstinents.


Une étude de 1993 rapporte un risque 4 fois plus élevé de cataracte sous-capsulaire postérieure chez les personnes buvant plus de 13 g d'alcool par jour, c'est-à-dire 360 ml de bière, 120 ml de vin, ou 45 ml de liqueur[46].

Différentes relations ont été établies selon le type d'alcool : le vin et les liqueur aurait un effet bénéfique, la bière un effet négatif. Ce serait dû à la présence d'antioxydants dans le vin et dans les liqueurs [47] ou à l'action antioxydante de l'alcool lui-même. La consommation de vin a été associée à une sclérose nucléaire et à une opacité corticale moins sévère [42].

Chez les alcooliques, l'acétaldéhyde, toxique des des structures cellulaires in vitro, provoque une ballonisation des mitochondries qui présentent des inclusions, une désorganisation des microtubules et accroît l'excès de radicaux libres dans le cytoplasme. Grâce à leur liposolubilité, les molécules d'alcool pénètrent dans les membranes en désorganisant la matrice lipidique. L'intoxication alcooliquechronique a également des répercussions sur les grands métabolismes énergétiques, protéiques, glucidiques, lipidiques, etc... Il modifie le métabolisme des vitamines directement et indirectement par les complications organiques qu'il entraîne. Enfin, l'ingestion d'alcool favorise un état de malnutrition aux mécanismes physiopathologiques nombreux [3].

 

3.3.3 Masse corporelle

Le contrôle du poids et le respect des principes de l'équilibe nutritionnel sont, dans nos régions, des recommandations utiles. En effet, la masse corporelle semble être un facteur caractogène certain. L'augmentation de l'index corporel (rapport entre le poids et le carré de la taille) est associé à un risque accru de cataracte sous-capsulaire postérieure [3].

Des restrictions énergétiques semblent retarder l'apparition de cataracte. Chez les souris, une diminution de 21% et de 40% de l'apport énergétique retarde la progression de cataracte jusqu'à l'âge de 14 mois et de 22 mois respectivement [48]. Ce serait dû à une diminution du glucose sanguin et à une diminution de la glycation des protéines [13].

 

3.3.4 L'exposition aux rayons lumineux

Des animaux soumis à un rayon UVB de forte intensité pendant un intervalle de temps court ont dévelloppé des opacifications du cristallin.

Des études épidémiologiques ont noté une fréquence plus élevée de cataracte dans les régions ensoleillées et tropicales. L'exposition aux rayonnements lumineux, particulièrement aux UVB, augmente le risque de cataracte cortorticale et sous-capsulaire postérieure [4].

 

flechedr

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