Glucosamine

Traitements chondroprotecteurs

Introduction


Les traitements classiques de l'arthrose visent essentiellement à limiter l'inflammation de l'articulation au moyen de molécules inhibant les médiateurs inflammatoires (leucotriènes, prostaglandines,...).


Si ce traitement demeure efficace au niveau de la douleur, il estt sans effet sur la destruction cartilagineuse. Son action peut être grossièrement comparée à l'action du garagiste qui déconnecte l'alarme déclenchée par un mauvais fonctionnement de la voiture.


Les traitements chondroprotecteurs ont une autre ambition: restaurer le cartilage ou, au moins, en ralentir sa dégradation.


Ce but, le traitement l'atteint par la supplémentation en sulfate de glucosamine et/ou en sulfate de chondroïtine accompagnée d'autres facteurs permettant de favoriser la biosynthèse des différents composés cartilagineux tels les oligoéléments, certaines vitamines,...


Depuis 1992, date de parution des premiers articles traitant de l'action de la glucosamine sur l'usure cartilagineuse, de nombreuses controverses ont vu le jour. Certaines niant tout effet sur l'homme, d'autres y voyant la guérison de l'arthrose.
Comme souvent, la question est complexe et il est nécessaire de se poser de nombreuses questions et d'éviter les réponses à l'emporte pièce.

 

La glucosamine

La glucosamine est un sucre aminé ou amino-saccharide formé dans le corps à partir du glucose d’un acide aminé, la glutamine. Elle est le substrat préférentiel de la biosynthèse des chaînes de glycosaminoglycans qui constituent une partie des protéoglycanes, substances fondamentales du cartilage des articulations.

La glucosamine du commerce est synthétisée en laboratoire à partir de la chitine extraite de la carapace des crustacés (crevettes, langoustines, crabes, homards). La chitine est un polymère semblable à la cellulose sauf qu'elle est formée de glucoses aminés. Le traitement dans des conditions adéquates de la chitine permet de générer soit la glucosamine, soit le chitosan.


Elle se présente généralement sous la forme de sulfate de glucosamine, mais on en trouve également sous la forme de chlorhydrate de glucosamine et de N-acétyl-glucosamine (NAG).


Les experts ne s'entendent pas sur l'efficacité de l'une ou l'autre forme, mais jusqu'à présent, la très grande majorité des études a été menée avec du sulfate de glucosamine. La plupart des études démontrant l’efficacité analgésique et chondroprotectrice de la glucosamine chez les personnes atteintes d’arthrose ont été menées avec le sulfate de glucosamine. Le sulfate étant l’une des composantes du cartilage, certains pensent qu’il peut contribuer aux effets bénéfiques de la glucosamine.


La glucosamine présente un effet rémanent sur la douleur et l’oedème, c’est-à-dire que l’effet thérapeutique de la glucosamine perdure, même 2 semaines après l’arrêt du traitement, alors que celui de l’ibuprofène régresse (évaluant la douleur et l’altération de la fonction de l’articulation) avec moins d’effets indésirables que l’ibuprofène.


Bien que certains essais cliniques aient donné des résultats négatifs, les données de l'ensemble des recherches menées à ce jour démontrent que la glucosamine soulage, au moins légèrement, les symptômes de l'arthrose mineure ou modérée.
 

Effets secondaires

Toutes les études confirment la faible toxicité de la glucosamine. Il y a peu d'effets indésirables sauf des diarrhées.


Néanmoins, il est recommandé aux patients allergiques aux fruits de mer de rester prudent. Bien qu'aucun cas d'allergie n'ait été signalé à ce jour, certains conseillent aux personnes allergiques aux crustacés de faire preuve de prudence puisque la glucosamine du commerce est synthétisée à partir de la chitine extraite de crustacés.


De plus, certaines formules contiennent du potassium : il faudrait les éviter chez les patients dont l’apport potassique doit être restreint.


Diabète. Il y a une controverse quant aux effets de la glucosamine sur l’insuline et le taux de glucose. Certains auteurs affirment que la glucosamine augmente la résistance à l'insuline et aggrave le diabète, tandis que d'autres mentionnent, au contraire, que la glucosamine pourrait produire une baisse de glycémie (taux de sucre dans le sang). Une étude récente réalisée chez des patients diabétiques de type II à montré que l’administration de chlorhydrate de glucosamine (1500 mg) et de sulfate de chondroïtine (1200 mg) pendant 90 jours ne modifiait en rien le traitement et les taux de glucose. Par ailleurs, chez les patients diabétiques ayant participé à l’étude Reginster d'une durée de trois ans, le contrôle de la glycémie, plutôt que de se détériorer, semblait s'être amélioré. Donc, en usage oral, la glucosamine n'aurait pas d'influence négative sur le diabète et pourrait même avoir un effet positif. Le diabétique qui désire en prendre doit toutefois rester vigilant.

 

Les traitements chondroprotecteurs

Le sulfate de qlucosamine est-il efficace dans l'arthrose ?


Oui. Plusieurs essais cliniques portant sur un total de 5.000 patients ont démontré l'efficacité du sulfate de glucosamine (1500 mg par jour) dans l'arthrose des articulations (genou, hanches, machoires,...).


Cette action est cependant lente et quelques essais ont donné des résultats négatifs car la durée de l'essai était trop courte. Il faut compter en moyenne entre 2 et 4 semaines avant de pouvoir escompter une amélioration. C'est cependant au niveau du long terme que les résultats avec la glucosamine sont les plus favorables; non seulement les paramètres radiographiques ne se dégradent plus et parfois présentent une amélioration par rapport à un placebo, mais de plus, l'action analgésique est supérieure à celle des anti-douleurs tels l'ibuprofène, ou le paracétamol à haute dose.

 

Une autre étude montre que le sulfate de glucosamine procure une analgésie supérieure à celle obtenue par l'administration d'une dose journalière de 3 grammes de paracétamol.


L'association glucosamine + chondroïtine est-elle supérieure en terme d'efficacité dans l'arthrose ?


Oui, l'étude de Clegg et Coll, dont les résultats complets seront dévoilés lors du congrès de I"'American College of Rheumatology" du 14 novembre prochain confirme cette efficacité.


En effet: Plus de 3000 patients ont été sélectionnés dans 16 centres médicaux universitaires américains. Leur âge était supérieur à 40 ans (moyenne 58,6 ans) et ils présentaient un genou douloureux depuis plus de 6 mois.


La mise en évidence de l'arthrose a été réalisée par une radiographie X des genoux (selon les critères de Kellgren et Lawrence Grade 2 et 3). Le formulaire WOMAC (Western Ontario and Mc Master University osteoarthritis index) est un questionnaire permettant au patient d'évaluer son degré de douleur.
Il distingue 2 classes de douleur: la phase 1, modérée (Womac 125-300 mm), la phase 2, sévère (Womac 301-400 mm).


Les patients ont été répartis aléatoirement en 5 groupes égaux:
- Le groupe I a reçu un placebo.
- Le groupe Il a reçu 1500 mg de glucosamine par jour.- Le groupe III a reçu 1200 mg de sulfate de chondroïtine par jour.
- Le groupe IV a reçu la glucosamine et le sulfate de chondroïtine (doses identiques).
- Le groupe V a reçu 200 mg de celecoxib (antiinflammatoire puissant de la classe des coxibs)

 
  
  Résultats :

3238 patients ont été examinés dans les centres médicaux. 1583 furent enrôlés et 1258 ont complété l'étude après 24 semaines (6 mois). 59% montraient une arthrose modérée à la radiographie de grade 2 et 78% montraient une douleur modérée.


Dans le groupe arthrose sévère, le pourcentage de réponse pour l'association glucosaminechondroïtine (79,2%) est supérieur au placebo (54,3%), mais également au Celebrex (69,4%) et à chaque composant séparément (65% et 61%). Dans la classe de douleur légère, les résultats ne sont pas significatifs.

Conclusions



La combinaison glucosamine + chondroitine est efficace pour le traitement des arthroses modérées à sévère du genou et réduit sensiblement plus les scores douloureux que les composés séparés ou des anti-inflammatoires ou analgésiques comme le célécoxib, le paracétamol ou l'ibuprofène à doses importantes.
Ce qui fait dire à l'auteur: "Ceci devrait devenir le traitement de référence de l'arthrose du genou."


Note: l'absorption de la glucosamine est estimée à 90% alors que celle de la chondroitine atteint 70%; il est à remarquer qu'en utilisant du sulfate de chondroitine de bas poids moléculaire, sa biodisponibilité est fortement augmentée lors d'un apport répétitif.
  
 

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